Barrières

 

En commençant à écrire le présent article, je me rends compte d’une chose: il semblerait que j’aie une thématique pour mes articles de blogue plus récents, soit celui-ci et celui de deux semaines auparavant : La remise en question. En effet, je vais encore une fois changer d’opinion, mes amis. Mais avant, j’ai autre chose à vous dire, une autre histoire à vous raconter. Cette semaine, je vais parler du manque de communication.

Papa en a probablement parlé dans le passé, à travers un article, ou une capsule vidéo, mais je vais quand même aborder le sujet. Mon père est un homme organisé et structuré – beaucoup plus que moi, évidemment – et il m’arrivait très souvent, quand j’étais plus petit, de ne pas approuver ses méthodes parentales. Je le trouvais trop strict ou sévère, mais avec le temps, je m’y suis fait. Et aujourd’hui, je comprends les raisons qui l’ont poussé à agir ainsi, et je constate les résultats sur ma personne. Je ne pense pas que je serais le même homme s’il avait agi différemment, et j’en suis heureux. Par contre, il y a une chose que je croyais avoir surmonté, mais qui s’est révélée encore présente dans mon comportement avec lui, qui s’est révélée récemment.

Lorsque j’étais encore à l’école primaire, il m’arrivait de recevoir, par exemple, des feuilles proposant des activités parascolaires ou des sorties durant les congés fériés avec le service de garde. Lorsque l’une de ces activités m’intéressait, je montrais la feuille à mon père en lui demandant si je pouvais y aller. Après son refus, j’ai eu beaucoup de peine, bien sûr, étant petit garçon. Le problème, c’est qu’avec le temps, et suite à plusieurs refus, je me suis mis à retenir ce comportement, le fait qu’il refusait chaque fois que je lui demandais de participer à une activité, ou de m’acheter telle ou telle chose, etc. En me créant une espèce de barrière, je ne me dérangeais même plus à lui apporter les feuilles, car je m’obstinais à penser qu’il allait dire non. Ce n’était pas très brillant de ma part, si je puis dire. Bon, d’accord, mes chances de le voir accepter de me laisser aller, par exemple, jouer au bowling avec la garderie, étaient peut-être minces à l’époque, mais en agissant comme je l’ai fait, en supposant qu’il refuserait, et du coup en ne lui parlant même pas de l’activité, mes chances d’y aller devenaient nulles. Je restais donc à la maison, à faire je-ne-sais-trop-quoi seul dans ma chambre. Tu parles d’un après-midi passionnant !

Avec le temps, je me suis dégourdi un peu. Vers le secondaire, j’hésitais de moins en moins à lui demander quelque chose, et on a pu mieux communiquer depuis, mon père et moi. Jusqu’à la semaine dernière.

Certains d’entre vous, chers lecteurs et lectrices, n’ont peut-être pas eu connaissance d’un défi qui m’a été lancé par mon père, il y a de cela presque cinq mois. En gros, j’avais jusqu’au 30 septembre pour écrire un livre. Au départ, j’étais enthousiasmé par le projet, et ça me semblait passionnant ! Je me suis dit qu’un livre parlant de moi, de mon syndrome d’Asperger et de certaines de mes expériences feraient l’affaire. Que les gens, dont mon cher père, en seraient satisfaits. J’ai même fait un article sur mes impressions quant à l’écriture de cet ouvrage : « Opportunité », en deux parties. Suite à l’écriture de cet article, je me suis mis à faire des erreurs.

Face à la période de cinq mois qu’il avait devant lui, Monsieur Gestion-de-temps (c’est moi) a baissé sa garde, encore une fois, et s’est laissé aller trop longtemps; j’ai donc perdu pas moins de deux mois, dès le départ, si ce n’est pas plus. Ensuite, lorsque j’ai finalement commencé à écrire, l’inspiration se faisait rare; peut-être se promenait-elle dans les nuages, accompagnée de mon entrain à écrire. Oui, je m’amusais peu à écrire sur moi-même. Dans mon article « Opportunité », je disais que c’était pratique d’écrire sur soi puisqu’on a toute une vie d’information en mémoire, qu’on peut raconter sans rien inventer. Mais même si j’ai dit cela, cela ne veut pas nécessairement dire que ma vie était passionnante et regorgeait d’anecdotes dignes d’être racontées en grandes lignes. Je ne parlerai certainement pas de mon après-midi super à faire je-ne-sais-trop-quoi dans ma chambre tout seul ! Et le reste ? Même si ça pouvait être intéressant, je n’avais pas de quoi faire un livre digne de ce nom !

Avec ces pensées en tête, j’ai procrastiné encore pendant des semaines, n’ayant qu’une trentaine de pages écrites. La date limite approchant, je me suis résigné à le dire à mon père. Que j’avais besoin de plus de temps, sinon je n’y arriverais pas. Je ne voulais pas me contenter de jeter l’éponge, pas avec la promesse faite à la communauté, et aux gens que je connais. Mais le sujet me laissait complètement sans joie d’écrire, sans passion, et je ne voulais pas non plus me débarrasser de ma tâche.

Suite à une rencontre la semaine dernière avec mon père, entre autres, il m’a fait réaliser une chose vitale, que j’ai ignorée dès le départ.

Cinq mois auparavant, il m’avait dit d’écrire un livre.

Il ne m’a jamais dit d’écrire un livre qui parle de moi.

J’ai enfin compris que je m’étais dressé des barrières une fois de plus. Que j’avais supposé qu’il s’attendait à quelque chose d’aussi sérieux qu’une autobiographie, mais j’avais tort. L’important n’était pas le sujet, mais la passion que j’y mettais et la rigueur que je mettais à donner vie à mon œuvre. J’aurais pu carrément recommencer du début à tout moment ! Tant que j’en avisais mon père. Car ma plus grosse erreur – suivie de près par Monsieur Gestion-de-temps – fut de ne pas communiquer avec mon père.

En voilà assez pour l’instant. Le projet de livre n’est pas annulé, mais nous vous reviendrons là-dessus dans les prochaines semaines. Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire, étant donné la longueur inhabituelle de l’article, et vous invite à nous suivre sur notre page Facebook et à me laisser un commentaire en bas de l’article. Je compte bien réussir ce défi en repartant du bon pied ! Sur ce, à la prochaine !

4 réponses
  1. Nicole Urbain Bélair
    Nicole Urbain Bélair dit :

    Allo Alexis,
    Tu sais, une bonne communication est l’une des choses les plus compliqué à réaliser et la plupart des gens font comme toi, ils entendent une information mais ne pensent pas d’aller valider si ce qu’ils croient avoir compris est bien ce que la personne lui a retransmis. De là aussi l’importance pour l’émetteur (celui qui a retransmis le message) d’aller chercher le feedback du receveur s’assurant que son information a été reçue de la bonne façon. Je dis toujours que la communication est un art qui devrait être enseigné dans les écoles.
    Pour ce qui est de ton livre, laisse parler ton cœur, comme tu le fais si bien dans tes articles. N’essaie pas d’écrire pour nous plaire mais écrit par plaisir. Ce peut être un livre qui nous parle d’une de tes passions. Va-y comme tu le ressens et sois assuré que nous le ressentirons aussi.
    Je te souhaite la plus magnifique des inspirations.
    Nicole

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  2. Elisabeth arseneault
    Elisabeth arseneault dit :

    Comme javais hate de te lire super comme toujours recommence mon homme fait nous vivre tes passions je sais que tu est capable va y avec ton coeur et ton intéligence meme les plus grand recommence depuis que tu est petit je suis en admiration devant toi je connais tes capacités vayavec toncoeur je t’aime xxxxx❤️❤️❤️❤️❤️

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  3. Nathalie
    Nathalie dit :

    Peu importe Alexis, je sais que ce livre verra certainement le jour, si c’est un réel désir pour toi et pas juste pour remplir un engagement ou faire plaisir à ton père. Bravo d’avoir osé en parler avec ton père. Et pour l’instant, toute la communauté prend bien plaisir à lire tes articles. L’important, c’est d’avancer et tu le fais très bien!

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